Le musée d’Espalion sur orbite

La société russe Zvezda vient d’offrir au musée du Scaphandre à Espalion une combinaison de survie étanche portée par l’astronaute français Jean-Loup Chrétien.

C’est en 1980 que le musée du Scaphandre d’Espalion est né et s’est installé dans l’ancienne église Saint-Jean. Grâce à l’équipe autour de Lucien Cabrolié-Marcel Bonnaterre , il s’est rapidement développé pour afficher aujourd’hui une notoriété internationale.

Muriel Peissik, historienne du scaphandre et des inventions Rouquayrol-Denayrouze, peut en être considérée comme «l’ambassadrice» à travers le monde de la plongée. C’est ainsi qu’après avoir organisé et représenté celui-ci dans diverses expositions (Vigo, Bâle, Antibes, Monaco, Marseille…), après avoir écrit articles et livres, trouvé des pièces pour l’enrichir, lié des relations, aujourd’hui, grâce à sa ténacité, c’est une nouvelle pièce qui va entrer au musée d’Espalion. Ce musée créé à partir des inventions de Rouquayrol et des frères Denayrouze au XIXe siècle et notamment le «détendeur» ou régulateur de pression qui avec le scaphandre autonome permirent l’exploration sous l’eau et dans les airs ou autres atmosphères. En effet, la vocation naturelle du musée à représenter la grande famille des scaphandres a été formulée depuis des années par le fondateur du musée Lucien Cabrolié et Muriel Peissik. Aujourd’hui, ce don de la combinaison de survie étanche de l’astronaute pionnier Jean-Loup Chrétien est un plus.

De la mer à l’espace
Pour Muriel Peissik, «l’arrivée de cette pièce symbolisant le domaine spatial est comme une comète au beau milieu de l’histoire du musée.» Elle précise la genèse de ce don : «Il s’agit d’un don en provenance de Russie d’un objet ayant appartenu au premier astronaute français et même européen embarqué pour l’espace, Jean-Loup Chrétien. Cet apport magistral est le fruit d’une investigation de longue haleine menée en direction de la Russie et de l’impulsion décisive donnée par l’ambassadeur de Russie en France Alexandre Orlov… et à la décision de M. Pozdnyakov, directeur général de la société Zvezda, fer de lance de l’innovation spatiale russe, d’offrir au musée d’Espalion la combinaison de l’astronaute français…» La société Zvezda («L’étoile» en russe), fondée en 1952, est le leader russe en recherche-développement et production. Entreprise de scaphandres et équipements spatiaux russes, elle travaille en particulier dans les problématiques liées à la sécurité, aux moyens de sauvetage et de survie des équipages. Son domaine d’activité s’étend aussi à l’aéronautique et à la sécurité civile. L’équipement offert, baptisé chez Zvezda «combinaison Forel», a été réceptionné par la conservatrice départementale, Mme Aline Pelletier, en charge des collections du musée du Scaphandre au titre de la convention tripartite Association musée Joseph-Vaylet-musée du Scaphandre, ville d’Espalion, conseil départemental de l’Aveyron.

De Jean-Loup Chrétien à Thomas Pesquet
Muriel Peissik revient sur l’historique de cette combinaison : «L’astronaute Jean-Loup Chrétien a utilisé cette combinaison de survie étanche entre 1980 et 1982 en vue de la première mission franco-soviétique PHV “premier vol habité”. Elle fait partie de l’équipement du cosmonaute et constitue un moyen de survie individuel étanche utilisé en cas d’amerrissage imprévu du vaisseau Soyouz, ou d’atterrissage en milieu inhabité ou hostile». Un don qui fait sens pour le musée d’Espalion comme elle le précise ensuite : «Cette combinaison apparaît comme le trait d’union idéal entre les mondes subaquatique, spatial et extrême, tout auréolée du prestige de son usager. Cet enrichissement des collections est un premier pas, qui représente un grand saut symbolique pour le musée d’Espalion. Son appellation musée “du” Scaphandre laissait potentiellement ouverte l’interprétation du mot scaphandre dans son sens générique et la représentation dans ses collections de «cousins germains» du scaphandrier subaquatique. Un chemin sur lequel – à l’heure où l’astronaute français Thomas Pesquet séjourne dans la Station internationale et fait rêver toutes les générations – il faut continuer à avancer pour valoriser et poursuivre cette percée vers les étoiles».

Muriel Peissik résume ainsi l’intéret de ce don : «Cet événement ouvre au musée une formidable perspective, qui du fond des océans pointe vers l’infini de l’Espace.»

De Marseille à Moscou
Rouquayrol-Denayrouze. En équipant le capitaine Némo du scaphandre Rouquayrol-Denayrouze (1864), Jules Verne en avait compris l’importance pour l’avenir.

Exposition. Deux scaphandres du musée Joseph-Vaylet sont exposés à Marseille au musée d’Histoire, situé près de la Canebière. L’exposition s’intitule : «Mémoire à la mer, plongée au cœur de l’archéologie sous-marine». Elle est à voir jusqu’au 28 mai.

Zvezda. La société Zvezda, située à Tomilino près de Moscou, possède elle-même un impressionnant musée exposant les nombreux équipements produits par l’entreprise depuis 1952. Un exemplaire de la «combinaison Forel» y est exposé. Une visite virtuelle est proposée sur le site de l’entreprise : http ://www.zvezda-npp.ru

Article La Dépêche – Claude Gril – Publié le 11/04/2017

One thought on “Le musée d’Espalion sur orbite”

  1. bonjour je suis passé voir mon frere a Valady et j,ai vu dans le journal votre musée
    j’ai un vieux détendeur cousteau gagnon a donner il est en metal et en etat correct
    si vous etes interessé je reviens en janvier 2019 et je vous le ramenerais a cette occasion
    je suis a Nouméa et j’en donne un autre au musee de la mer de la nouvelle caledonie
    si vous etes interessé donc je vous serais gré de bien vouloir m’en informer
    amicalement Michel Delepaut

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